Le Vicomte et les Mousquetaires : La Conspiration Richelieu – Laurence Ellsworth (2018)

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Dans la lignée du premier volet, ce second tome reste peut-être un peu décevant. Néanmoins, on se plaît à replonger une nouvelle fois dans l’univers de Dumas et suivre les aventures de Louis de Fontrailles.

Dans la lignée du premier volet, ce second tome reste néanmoins un peu décevant. Néanmoins, on se plaît à replonger une nouvelle fois dans l'univers de Dumas et suivre les aventures de Louis de Fontrailles.

Le Vicomte et les Mousquetaires : La Conspiration Richelieu, Lawrence Ellsworth, Le Cherche Midi, 2025 (2018)
1620 : L’Inquisition ordonne la destruction de tous les exemplaires d’un ouvrage compilant les secrets des Rose-Croix. L’un d’entre eux en réchappe miraculeusement.
1626, Paris : Le jeune gascon Louis d’Astarac est engagé par le cardinal de Richelieu pour retrouver ce mystérieux livre. Aidé par Aramis, il constitue bientôt une équipe pour mener à bien cette quête périlleuse, au cours de laquelle il va devoir déjouer bon nombre d’intrigues politiques et religieuses, et percer des mystères bien gardés.
Après L’Ombre des Rose-Croix, La Conspiration Richelieu nous plonge à nouveau et pour notre plus grand plaisir dans l’univers des Trois Mousquetaires, l’action de ces romans se déroulant au même moment. Du siège de La Rochelle au jugement de Milady, on renoue ainsi ici avec un grand nombre de scènes et de personnages du livre d’Alexandre Dumas, sous un angle complètement neuf. On retrouve surtout dans ce roman-feuilleton mené à un rythme d’enfer tout ce qui fait le charme de son illustre ancêtre, en particulier son goût pour les coulisses de l’Histoire et les sociétés secrètes.


Voici la seconde partie du roman que Lawrence Ellsworth a consacré à l’univers d’Alexandre Dumas (il me semble en effet qu’il s’agit d’un découpage de l’éditeur français, et non de l’auteur lui-même). En grand amateur du classique qu’est devenu Les Trois Mousquetaires, l’écrivain américain (du reste, inconnu en France), s’est lancé dans le challenge, aussi audacieux qu’original, d’écrire une histoire parallèle à celle écrite quasiment deux cents ans plus tôt par l’écrivain français.

Le concept est donc le suivant : Le Vicomte et les Mousquetaires, tout comme Les Trois Mousquetaires, comportent 67 chapitres. Le roman de Lawrence Ellsworth, divisé en français en deux parties, est construit pour que chacun de ses chapitres se déroule entre deux chapitres de l’œuvre française. De sorte que l’on puisse alterner durant notre lecture entre un chapitre des Trois Mousquetaires, et un du Vicomte et les Mousquetaires.

Mais disons-le peut-être d’emblée : nul besoin de lire de cette manière les deux histoires. On peut tout à fait les lire séparément, d’autant plus que, si l’intrigue que nous propose Lawrence Ellsworth se déroule en effet exactement au même moment que celle de Dumas, les deux romans restent néanmoins parfaitement indépendants.

Le Vicomte et les Mousquetaires est donc un roman concept, en quelque sorte. L’auteur, admirateur sans failles de l’œuvre de Dumas, s’est ainsi lancé dans la rédaction d’une histoire qui est, somme toute, un hommage à ce classique de la littérature française.

La première partie de ce roman (Le Vicomte et les Mousquetaires : l’ombre des Rose-Croix) m’avait plutôt laissé une bonne impression. Sans être un grand coup de cœur, et malgré certains défauts, j’avais totalement été pris par cette histoire, ses personnages et l’écriture d’Ellsworth qui est globalement assez agréable.

Qu’en est-il de ce deuxième volume ? Réponse ici !

Il se trouvait dans un parfait bourbier : fugitif devant la justice, sans ressources, il avait une épaule cassée et il avait manqué sa dernière chance de retrouver Les Trois Mystiques Clercs, sa seule possibilité de rédemption. C’était un bouffon, qui ratait tout ce qu’il entreprenait.

Une seconde partie fidèle à la première

La fin du premier tome nous avait laissé sur notre faim, laissant le personnage principal de cette histoire en mauvaise posture (comme souvent d’ailleurs dans ce roman). Louis était en effet tombé dans un piège tendu par le fourbe Cocodril qui le menaçait de son couteau. Allait-il en réchapper pour ensuite pouvoir continuer la mission qu’il s’était lui-même confié ?

Car oui, le pauvre Louis d’Astarac, vicomte de Fontrailles, né bossu et difforme, s’est lancé dans une quête incertaine : s’emparer d’un manuscrit perdu, Les Trois Mystiques Clercs, afin de retrouver une apparence normale et pouvoir épouser la belle Isabeau.

Dans son périple, le jeune homme va croiser tout un tas de personnages (sans doute trop), dont notamment certains que des lecteurs d’Alexandre Dumas connaissent déjà : Aramis, Milady, le comte de Rochefort et… le cardinal de Richelieu, évidemment.

Fidèle à lui-même, le cardinal souhaite lui aussi retrouver le manuscrit de ce livre perdu. Comme souvent le concernant, d’obscures raisons le poussent à conspirer et à s’acoquiner avec les plus infâmes gredins pour arriver à ses fins. 

Ici, si Milady a bien son rôle à jouer, le personnage dont Louis d’Astarac doit se méfier est François Leclerc du Tremblay, dit père Joseph, principal conseiller du cardinal. Lui et ses compagnons donneront tout pour arrêter Louis et récupérer le livre. Mais Louis pourra s’appuyer sur son ami Aramis qui l’aidera dans sa quête.

Bref, pour notre plus grand plaisir, on plonge de nouveau dans l’univers des mousquetaires. On y retrouve des personnages qui nous sont chers, ou que l’on aime détester. En arrière-plan, se dresse aussi les grands moments qui ont fait des Trois Mousquetaires un roman particulièrement prenant et captivant. On pense par exemple ici à la scène du fort lors du siège de la Rochelle.

Pour être franc, du moins envers lui-même, Louis n’était plus très sûr de croire encore aux secrets cachés dans l’ouvrage rosicrucien. Ce qui lui semblait possible lorsqu’il rêvait dans son lointain château d’Armagnac lui paraissait désormais ridicule.

Une deuxième partie plus ésotérique et brouillonne

Ce second volet du roman de Lawrence Ellsworth présente lui aussi des scènes plutôt prenantes. Le procès à la Cour des Miracles apparaît ainsi plutôt sympathique, loufoque avec le personnage de César, et plutôt bien conçu. En tout cas, l’argumentaire de l’avocat de Louis est, me semble-t-il, plutôt bien pensé.

La scène du pont Neuf, à sa manière, est plutôt agréable. Très cinématographique, elle voit se rassembler la plupart des protagonistes de ce roman. Mais c’est peut-être ici que ce roman commence (un peu), à perdre de sa superbe. Le déroulé des événements y est assez brouillon : beaucoup trop de personnages interviennent, rendant de fait ce passage assez illisible.

On sent que Lawrence Ellsworth a souhaité créer son propre univers, en parallèle de celui de Dumas, avec ses propres personnages, voulant à tout prix leur rendre justice et leur donner une place importante au sein du récit. Mais la sensation qui nous étreint à lecture de certains de ses passages est celle d’être submergé par une accumulation de rebondissements et de personnages secondaires qui finissent par nuire à la bonne compréhension du récit.

Puis vient la dernière partie, une bonne cinquantaine de pages, qui pousse la logique de ce récit à son apogée : la mise en pratique des « savoirs » ésotériques du livre sur le pauvre Louis. De la torture, en somme. Alors certes, les passages sont plutôt épurés et ne vont pas plus loin que ce qu’aurait pu écrire Dumas. Mais cette partie est sans doute trop longue.

Cette dernière partie peut se comprendre d’un point de vue scénaristique : une fois qu’Ellsworth a choisi de lancer son héros à la recherche d’un livre ésotérique, il faut bien, d’une manière ou d’une autre, que Louis s’y confronte. Cela étant, la description de ces cinq jours de souffrance n’apporte pas grand chose au récit, mise à part, peut-être, une plus grande empathie des lecteurs pour ce personnage qui subit tout de même beaucoup de mésaventures. 

On appréciera néanmoins l’apport de certains personnages, notamment celui de Descartes. Car oui, aussi improbable que cela puisse paraître, le philosophe tient dans Le Vicomte et les Mousquetaires un rôle de premier plan. Autant la première partie n’avait fait qu’effleurer le personnage, autant dans cette deuxième partie il prend de l’envergure. Rocambolesque, mais, en un certain sens, dans la veine de ce que Dumas aurait pu faire.

Le livre des Rose-Croix. J’ai passé quelques minutes à le feuilleter en arrivant ici ce soir, et je dois dire que, s’il contient des secrets mystiques, son plus grand pouvoir reste de faire commettre à des hommes sages des actes stupides.

Un roman dans l’ensemble plaisant

Une fois posés ici les défauts de cette deuxième partie, que retenir, au fond, de l’ensemble de ce roman ?

Peut-être et avant tout l’admiration sans borne de son auteur pour l’œuvre de Dumas. On le sent, ici, Lawrence Ellsworth s’est fait plaisir, et il nous transmet son bonheur d’écrire un roman dans la veine des Trois Mousquetaires. Sa plume, sans être exceptionnelle, est suffisamment fluide et agréable pour nous faire voyager avec lui aux côtés de Louis de Fontrailles.

Il existe évidemment des défauts communs aux deux parties de ce roman : une avalanche de péripéties qui, mises bout à bout, apparaissent comme une juxtaposition de scènes plutôt que d’un véritable roman donnant de la profondeur à ses personnages. Certaines d’entre elles auraient peut-être dues être enlevées au profit de quelques moments de répit, et d’un développement de personnages qui restent très secondaires.

En somme, si la dernière partie du Vicomte et des Mousquetaires est sans doute assez décevante, notamment à cause de certaines longueurs, la résolution finale est dans la veine de Dumas et permet de terminer l’aventure de Louis de Fontrailles sur une note positive. Si l’on aime l’univers des mousquetaires, et si l’on se laisse porter facilement par des romans cohérents et fluides, ce diptyque offre tout de même un agréable moment de lecture.

On peut avoir foi en n’importe quoi, mais cela ne rend pas la chose plus vraie.

Ce deuxième volet est, dans l’ensemble, dans la veine du premier tome. La première partie de ce roman m’avait plutôt laissé une bonne impression. Sans être un grand coup de cœur, et malgré certains défauts, j’avais totalement été pris par cette histoire, ses personnages et l’écriture d’Ellsworth qui est globalement assez agréable. De même, pour ce second volet, j’ai beaucoup aimé suivre les aventures de Louis de Fontrailles, ce bossu en quête d’un nouveau physique, plongé dans l’univers de Dumas. On retrouve ainsi certains personnages iconiques, dont évidemment Milady et le cardinal de Richelieu dans leurs détestables conspirations. Tout au long de ce roman, on ne peut que sentir toute l’admiration de l’auteur pour Dumas et son univers. Et, pour ma part le rendu, tant l’atmosphère qui se dégage de ce roman que le panache de ses personnages, est plutôt réussi. Néanmoins, la dernière partie de ce roman est un peu en-deçà du reste du dyptique. La faute, me semble-t-il, à des scènes un peu brouillonnes (notamment celle du pont Neuf), et certaines longueurs. Une cinquantaine de pages sont ainsi dévolues à la torture du pauvre Louis. Cette dernière partie peut se comprendre d’un point de vue scénaristique : une fois qu’Ellsworth a choisi de lancer son héros à la recherche d’un livre ésotérique, il faut bien, d’une manière ou d’une autre, que Louis s’y confronte. Cela étant, la description de ces cinq jours de souffrance n’apporte pas grand chose au récit, mise à part, peut-être, une plus grande empathie des lecteurs pour ce personnage qui subit tout de même beaucoup de mésaventures. En somme, si la dernière partie de ce roman est sans doute assez décevante, notamment à cause de certaines longueurs, la résolution finale est dans la veine de Dumas et permet de terminer l’aventure de Louis de Fontrailles sur une note positive. Si l’on aime l’univers des mousquetaires, et si on se laisse porter facilement par des romans cohérents et fluides, ce diptyque offre tout de même un agréable moment de lecture.

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