Manifeste

« Chaque esprit se construit pour lui-même une maison, et par-delà sa maison un monde, et par-delà son monde un ciel » 

Avec ces quelques mots, Ralph Waldo Emerson résume bien ce que sera ce projet.

Cette maison que j’ai construite, ce monde que j’ai bâti, et ce ciel que j’ai dressé, c’est ce que, modestement, je nomme mon Imaginarium.

Mon Imaginarium

Il s’agit là d’un lieu tout à fait personnel, unique même, qui s’est forgé au fil de mes lectures. Car, j’ose l’espérer, de tous les livres que j’ai parcourus de mes yeux enfantins avides d’histoires dans lesquelles je me suis plongé corps et âme, de tous ces bouquins que j’ai dévorés durant mon adolescence où je me cherchais encore, de toutes ces œuvres qui m’accompagnent désormais, oui, j’ose espérer qu’il en reste quelque chose. 

Cet imaginaire que j’ai construit grâce à tous ces romanciers, écrivains, penseurs, et même artistes, a quelque chose de singulier. Tous les différents éléments qui le composent ou qui vont au fil de mes lectures s’y arrimer, m’ont permis d’avoir une conception du monde tout à fait personnelle. Grâce aux expériences que m’offrent les romans, grâce aux idées soulevées par des essais et la philosophie, ma vision du monde s’est peu à peu forgée. Car c’est cela la littérature, offrir mille vies à un individu qui n’en a qu’une seule. Et la philosophie, imaginer le monde de demain.

Un monde en partage

Néanmoins, et bien qu’un imaginaire individuel puisse se suffire à lui-même, je crois qu’il est indispensable qu’il vienne un jour se confronter à l’altérité. Vous, chers lecteurs, vous avez le vôtre, et rien ne me ferait plus plaisir que de le découvrir. De cette rencontre passionnée naît, me semble-t-il, ce que certains nomment parfois l’imaginaire collectif ou plus génériquement la Culture. Et je pense que rien n’est plus puissant que cet imaginaire collectif là : c’est par son intermédiaire que s’imagine le monde de demain.

L’imaginaire collectif est en perpétuel mouvement, il se forme et se déforme continuellement. Il se nourrit d’œuvres venant d’horizons si différents, d’artistes aux créations si distinctes et variées, de styles si hétéroclites qu’il est parfois extraordinairement difficile d’y trouver un point commun.  Pourtant, il parle à chacun d’entre nous, nous renvoie à notre propre condition. 

L’imaginaire collectif se construit au présent avec des pierres du passé pour se dresser vers l’avenir. Car, je crois, que ce qui fait véritablement avancer le monde, ce sont les références qui le composent. Avoir un point d’ancrage qui résonne en chacun d’entre nous est ce qui fait l’humanité et ce qui fait collectif. Les idées qui émergent se nourrissent de celles qui les précèdent, les romans à venir trouveront leur source dans ceux publiés avant eux. Rien ne se crée ex-nihilo. Ces références-là, on se les approprie pour créer autre chose de nouveau et d’original. C’est en ce sens que notre condition humaine est si belle.

Enfin, l’imaginaire collectif, j’y reviens, se construit par la confrontation et la rencontre d’univers distincts. Rien ne nous pousse à aimer où à adhérer à ce qui nous est proposé. Chacun est libre de prendre ce qu’il souhaite, et de laisser de côté ce qui ne lui a pas plu ou ne l’a pas convaincu. 

Quelques rémanences de mes lectures

Je suis persuadé qu’il reste toujours quelque chose de nos lectures. Cela peut être un simple sentiment, un vague jugement de valeur, un arrière goût plus ou moins agréable, ou tout simplement une idée. C’est ce que j’essaie modestement de retranscrire ici.

Je laisse le soin à d’autres d’écrire des thèses sur les livres qui seront chroniqués ici. Ils le font souvent bien mieux que moi ; il s’agit même parfois de leur métier. Il n’y aura, peut-être au fond, rien de bien original. Pourtant, il me semble intéressant, ne serait-ce que pour ma petite personne, d’essayer de mettre des mots sur mes lectures et de ce que j’en retiens.

Pour ce faire, vous trouverez ici, dans mes chroniques, les quelques vestiges de mes lectures passées. Elles se présenteront le plus souvent comme une présentation succincte de l’auteur, une recontextualisation de l’œuvre et des grandes idées qui la traversent. Car je suis persuadé que l’on peut toujours retenir quelque chose du livre que l’on vient de terminer.

Pas de hiérarchisation ici, donc. Ce n’est pas l’objectif de ce blog. Vous y trouverez autant de romans populaires, de romans dits de genres que de grands classiques. Agatha Christie y côtoie aussi bien Yasmina Reza qu’Alexandre Dumas ou Nietzsche. La chronique d’un essai d’un grand penseur peut être suivi de celle d’un roman policier. C’est, je pense, ce qui fait le charme des livres : on peut passer spontanément d’un genre à un autre, d’un auteur à un autre avec une liberté absolue.

En revanche, je n’affirmerai pas non plus une certaine forme de relativisme culturel. Quoique la question soit ouverte, je ne suis pas sûr que tout se valle. Mais il me semble que les livres répondent à des objectifs différents, et qu’à ce titre ils méritent tous le même respect. Pas de critique acerbe ou radicale, non plus. Descendre un livre, même mauvais, ne m’intéresse pas.

Bien que cela soit globalement assez rare, il m’arrive parfois de ne pas aimer certains livres. J’essaie tout de même de les terminer et de réfléchir à ce que je peux en retenir. S’arrêter à un sentiment, une émotion, est, me semble-t-il, trop réducteur. Encore faut-il expliquer pourquoi je n’ai pas aimé, et essayer d’aller au-delà de mon cas personnel. 

Bon voyage

En somme, je vous propose ici sous forme de blog une visite de mon Imaginarium, c’est-à-dire de cet atelier dans lequel je façonne en chroniques une partie des découvertes que j’ai faites dans le domaine de la littérature, du théâtre et du monde des idées. 

J’espère qu’il vous permettra, à vous aussi, de vous plonger dans des lectures qui vous sembleront dignes d’intérêt et qui vous permettront de vous évader. La seule ambition de ce blog, si tant est qu’il en est une, et de vous proposer des œuvres susceptibles de rejoindre votre Imaginarium, comme elles ont rejoint le mien.

Pour terminer, et bien évidemment, comme il n’y a pas de partage sans réciprocité, je serai ravi de lire vos recommandations, vos avis, vos arguments aussi. N’hésitez pas à m’interpeller avec courtoisie, je serais heureux de vous répondre et d’échanger avec vous !

Bonne lecture,

Max