Sans révolutionner le genre, ce livre plaisant et léger inaugure une nouvelle saga qui a du potentiel. Un bel hommage à la littérature policière.

La librairie des chats noirs, Piergiorgio Pulixi, Gallmeister, 2024 (2023)
Une minute. Pas une seconde de plus. C’est le temps dont dispose la proie d’un assassin sadique pour prendre une terrible décision : choisir entre les deux êtres qui lui sont les plus chers, lequel vivra et lequel mourra. Après plusieurs de ces crimes odieux, la police se décide à faire appel à Marzio Montecristo, le patron d’une petite librairie de Cagliari spécialisée dans le roman policier. Malgré le mauvais caractère de son propriétaire, l’endroit n’est pas dénué de charme. C’est également le quartier général d’un étonnant club de lecture : « les enquêteurs du mardi ». Parmi ses membres, il y a Marzio lui-même, mais aussi un prêtre, une femme à la retraite, un vieux dandy et une jeune gothique. Un an plus tôt, cette poignée d’experts du polar a aidé la police à résoudre une affaire particulièrement complexe. Parviendront-ils à élucider ce nouveau mystère ?
Avec cette première enquête d’une nouvelle série captivante, Piergiorgio Pulixi, rend un vibrant hommage à la littérature policière.
Piergiorgio Pulixi, né en 1982, est un auteur italien de romans policiers. Écrivain à succès, la série consacrée aux enquêtrices Mara Rais et Eva Croce, inaugurée par L’île des âmes (2019), a permis de le faire connaître en France. En 2023, il ouvre une nouvelle saga avec La librairie des chats noirs, premier tome d’une série prometteuse.
Un roman qui, sans révolutionner le genre, et grâce à ses personnages somme toute attachants, reste suffisamment plaisant pour nous tenir en haleine et nous donner envie de poursuivre l’aventure à leurs côtés. Une lecture agréable qui, espérons-le, sera la première d’une longue série.
Un retraité dépressif, un moine un peu trop zélé, une octogénaire obsédée par les tueurs en série, une petite gothique qui rêve de tuer quelqu’un et un libraire au bord de la faillite. Tu trouves vraiment que c’est le casting idéal pour ton enquête ?
Deux chats libraires
A la frontière entre le roman policier, le thriller et le cosy mystery, ce livre, relativement court et bien construit, nous emmène à la rencontre de Marzio Montecristo, propriétaire d’une librairie spécialisée dans le roman policier. En difficulté financière, ne réussissant pas vraiment à joindre les deux bouts, il organise tous les mardis des rencontres avec les plus passionnés de ses clients lors desquelles ils évoquent les grands classiques du genre.
Mais si la librairie arrive à survivre, c’est grâce à deux chats noirs, Miss Marple et Poirot, qui y ont élu domicile. Patricia, la seule employée de Marzio, a eu l’idée de les utiliser sur les réseaux sociaux pour faire parler de la librairie. Cette technique, très à la mode aujourd’hui, permet, bon an mal an, de vendre quelques livres.
En plus d’être un libraire au caractère bien trempé et un ancien professeur de mathématiques, Marzio est aussi l’ami d’une inspectrice, Angela. C’est à cause d’elle qu’il est impliqué dans une affaire criminelle qui prend peu à peu des proportions énormes. Il connaît un gamin qui a été la victime d’un criminel particulièrement cruel. Ce dernier a laissé un terrible choix à son père : qu’il choisisse celui ou celle qui survivra entre son fils et sa femme. Un tueur sadique, qui recommence déjà…
Marzio, avec l’aide de son club des « enquêteurs du mardi » et des deux chats, va essayer de résoudre cette affaire…
Deux chats noirs avaient franchi la porte de la librairie d’un air hautain et, après avoir balayé les lieux du regard, s’étaient lovés sur deux piles de livres d’Agatha Christie.
Un roman policier qui rend hommage au genre
Outre la référence évidente à Agatha Christie grâce à ces deux chats hautains, La librairie des chats noirs est une magnifique déclaration d’amour à la littérature noire. On ne compte plus les nombreux clins d’œil à tous les auteurs qui ont marqué le genre de leur empreinte.
Tel Marzio qui conseille avec toute sa mauvaise humeur caractéristique ses clients, ce livre de Pulixi fait également office, pour nous lecteurs, de conseiller lecture. Ainsi on voit apparaître, au détour d’une page, Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux, le personnage emblématique de Michael Connelly, Harry Bosch, mais aussi Arthur Conan Doyle, Dorothy Sayers, Wilkie Collins, Stephen King, Edgar Allan Poe, etc…
Bref, en choisissant comme décor une librairie spécialisée dans les romans policiers, Piergiorgio Pulixi rend un très bel hommage à la littérature dans laquelle il a su se faire une place. Les amateurs du genre qui liront son livre seront heureux de retrouver ici quelques-uns des livres qui les ont marqués.
En réalité, tout est extrêmement simple et la réponse est là où on l’attend le moins, dissimulée sous un voile de banalité.
Un roman prometteur
La Librairie au chats noirs est aussi un roman policier et, à ce titre, arrêtons-nous rapidement sur son intrigue, et notamment à l’enquête qu’il met en scène. Et, avec un peu de recul, il me semble qu’elle ne sert en réalité que de prétexte permettant à Pulixi de poser le cadre de ce que sera cette nouvelle saga. Si les meurtres sont particulièrement horribles et abjects, il semble que l’enquête se trouve reléguée au second plan, l’auteur préférant passer du temps à nous présenter l’ensemble de la galerie de personnages qu’il a imaginée.
De fait, on sera peut-être déçu du dénouement. Clin d’œil évident à la « Reine du Crime » puisqu’il rassemble bon nombre de protagonistes lors de l’explication finale, il semble tenir à certains « indices » qui n’en sont pas véritablement (on pense par exemple au fameux chapeau). C’est tout de même assez dommage tant le livre tient jusque-là la route et reste globalement captivant.
Mais l’essentiel n’est peut-être pas là. La librairie des chats noirs est, en fin de compte, le premier tome d’une série au potentiel intéressant. Elle met en scène de manière efficace des personnages que l’on serait ravis de retrouver par la suite. Marzio, évidemment, malgré son caractère d’ours mal léché, mais aussi Patricia, Angela et son coéquipier Flavio, et surtout les membres de ce club de détectives amateurs. S’ils n’ont, en fin de compte, que peu de place dans ce premier tome, nul doute que, par la suite, ils pourront avoir un peu plus de lumière.
Pour conclure, ce premier roman de la série, sans être un chef d’œuvre du genre, reste particulièrement agréable à lire. Bien que mettre en scène des chats est déjà gage de qualité (on plaisante bien sûr), ce roman pose les fondements d’une saga qui a du potentiel. Et il reste un livre plaisant et léger qui nous fait passer un très bon moment de lecture.
J’avoue que je ne connaissais pas Piergiorgio Pulixi. Mais la magie qui s’opère souvent en librairie a fonctionné. La très belle couverture de ce livre et son pitch ont suffi à me convaincre de l’acheter. Et force est de constater que je n’ai pas été déçu. Alors, certes, ce premier roman qui inaugure une nouvelle saga n’est sans doute pas un chef d’œuvre du genre policier. La faute peut-être à son dénouement qui est quand même relativement décevant au regard de l’entièreté de ce livre qui, elle, tient toutes ses promesses. Le cadre dans lequel nous plonge Pulixi est assez original (des chats libraires tout de même), et la galerie de personnages imaginés pour l’occasion plutôt convaincants. Ce livre est surtout un très bel hommage à la littérature du genre. Les amateurs du roman policier/thriller qui liront ce livre seront heureux de retrouver ici quelques-uns des livres qui les ont marqués. D’une manière générale, ce roman reste particulièrement agréable à lire. Bien que mettre en scène des chats est déjà gage de qualité (on plaisante bien sûr), ce roman pose les fondements d’une saga qui a du potentiel. Et il reste un livre plaisant et léger qui nous fait passer un très bon moment de lecture.
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