Cadavre X – Patricia Cornwell (1999)

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Malgré quelques invraisemblances et facilités narratives, ce roman policier tient toutes ces promesses et nous permet de découvrir avec plaisir l’univers de Patricia Cornwell et de Kay Scarpetta.

Malgré quelques invraisemblances et facilités narratives, ce roman policier tient toutes ces promesses et nous permet de découvrir avec plaisir l'univers de Patricia Cornwell et de Kay Scarpetta.

Cadavre X, Patricia Cornwell, Calmann-Lévy, 2000 (1999)
Un cadavre décomposé est retrouvé à bord d’un cargo belge faisant étape à Richmond. Malgré une autopsie minutieuse, Kay Scarpetta ne parvient à déterminer ni l’identité du mort ni les causes du décès. Seuls indices : un tatouage et des poils blonds. Encore hantée par la mort de Benton (Combustion), en butte aux intrigues de collègues rivaux, Kay, flanquée de son fidèle Marino, et toujours proche de Lucy, sa nièce, se lance dans une enquête qui la mènera en France, des bureaux lyonnais d’Interpol à la morgue de Paris, avant de la ramener en Virginie où l’attend un tueur monstrueux, le Loup-garou.


Depuis près de quarante ans, Patricia Cornwell occupe une place singulière dans le paysage du thriller contemporain. Avec son goût du détail scientifique, son sens du rythme et la construction clinique de ses romans, elle a largement contribué à populariser le polar médico-légal auprès d’un vaste lectorat partout dans le monde.

Au cœur de son œuvre se trouve un personnage désormais emblématique : Kay Scarpetta, médecin légiste brillante, indépendante et méthodique. Patricia Cornwell a bâti une série de romans devenue incontournable qui comporte aujourd’hui près d’une trentaine de livres la mettant en scène, elle et les autres personnages qui gravitent dans son sillage.

Cadavre X, le roman dont il sera question ici, est le dixième tome de la saga. Alors qu’elle vient de perdre son mari, dont le deuil est particulièrement douloureux, là voilà confrontée à un cadavre bien mystérieux : retrouvé au fond d’un conteneur en provenance de Belgique, son identité est impossible à confirmer, tout comme la cause de son décès. Jonglant entre ses soucis personnels, des pressions liées à son Institut et cette enquête, Scarpetta devra relever la tête pour espérer découvrir le fin mot de cette histoire et ne pas définitivement sombrer…

Je remontai la fermeture de la housse à cadavre, et ils emportèrent leur client. Ils allaient le ramener en voiture à la morgue, où je déploierais tout mon talent pour le faire parler, à moi seule.

Scarpetta prise en étau

Ce roman est ma première incursion dans l’univers de Patricia Cornwell et de Kay Scarpetta. S’il s’agit bien du dixième roman de cette série policière, aucune crainte, il est tout à fait possible de prendre le train en route. Les personnages et leur passé sont suffisamment bien traités pour qu’on ne soit pas dérangé outre mesure par les différentes références aux péripéties des tomes précédents.

Ce travail des personnages est particulièrement visible dès les premières pages. Les premiers chapitres de ce livre sont suffisamment éloquents pour nous permettre d’entrer en douceur dans cet univers. Car l’introduction de Cadavre X n’est rien d’autre qu’une plongée au cœur de la vie personnelle et professionnelle de Kay Scarpetta.

Sa vie personnelle d’abord. Et autant dire qu’elle est sacrément mouvementée. La légiste porte encore le deuil de l’homme qu’elle aimait, disparu semble-t-il dans le tome précédent. À cette douleur s’ajoute une inquiétude constante pour sa nièce Lucy, agent de l’ATF engagée sous couverture en Floride. 

Et comme si cela ne suffisait pas, Scarpetta se rend progressivement compte qu’elle a perdu le fil de ce qu’il se passait au sein de l’Institut de médecine légale qu’elle dirige. Qui plus est, une nouvelle directrice adjointe de la police a récemment pris ses fonctions, et l’a dans le collimateur. 

Bref, Kay Scarpetta est prise en étau entre une vie personnelle tumultueuse et une vie professionnelle qui nécessite qu’elle réagisse rapidement si elle ne veut pas la voir s’écrouler. Ces deux intrigues secondaires prennent une place considérable dans le récit. Au point de n’être plus si secondaires que ça tant l’enquête, sans être anecdotique, est loin d’être la priorité de la légiste…

Kay, la tragédie et la violence sont douées d’une vie propre, et leurs ravages ne cessent jamais, même si au fil des ans leurs blessures deviennent plus discrètes, plus furtives.

Une enquête reléguée au second plan

Si la place que prennent les soucis personnels de Scarpetta est particulièrement bienvenue pour qui découvre pour la première fois cet univers, force est tout de même de constater que l’enquête en devient, de fait, secondaire. Quel est cet homme retrouvé dans le conteneur ? De quoi est-il mort ? A qui appartiennent ces longs poils retrouvés sur la scène de crime ? Autant de questions qui ne trouveront de réponses que dans la seconde partie du livre.

La première moitié du livre est ainsi centré sur les éléments que nous avons déjà évoqués précédemment : le deuil de Scarpetta, le travail de couverture de sa nièce, les intrigues au sein de son Institut, mais aussi la rivalité de plus en plus menaçante avec la directrice adjointe de la police. S’ajoute même un autre corps découvert plus tard, recouvert de ces mêmes poils mystérieux… 

L’enquête sur la mort de l’homme du conteneur patauge. Certes, et c’est là le grand intérêt du livre puisque cela a largement contribué à la renommée de Patricia Cornwell, les éléments médico-légaux, et notamment les autopsies, sont largement documentés. C’est assez fascinant de voir toute l’habileté que l’autrice déploie pour décrire avec précision le travail minutieux de la légiste. Les détails sont là, dans toute leur froideur, leur horreur aussi parfois. Mais ces séquences sont particulièrement prenantes.

Pour le reste, pour qui aime suivre l’avancée d’une enquête policière, on devra véritablement attendre le dernier tiers du livre. Toutes les grandes intrigues y finiront par se rejoindre et livrer leurs secrets. De manière un peu bancale parfois. Du moins pour certaines d’entre elles. 

On ne relèvera pas la manière dont la sous-intrigue liée à la directrice adjointe se terminera (on dira seulement que le hasard fait parfois bien les choses). Ni les nombreuses questions qui restent en suspens autour du meurtrier, notamment celles relatives à ses motivations. On retiendra en revanche que, malgré certaines invraisemblances ou facilités, le plaisir de lire ce livre était au rendez-vous.

Même si je ne connaissais pas l’univers de Patricia Cornwell avant d’ouvrir ce livre, j’ai eu l’agréable sensation de connaître depuis toujours les personnages qu’elle met depuis longtemps en scène. Malgré sa froideur de scientifique, Scarpetta est un personnage attachant. Tout comme Marino, qui cache derrière sa vulgarité et ses emportements une grande humanité. Comme pour une série télévisée que l’on suit avec plaisir depuis ses débuts, on prend plaisir à suivre leurs développements. En ce sens, ce livre est réussi.

En somme, même si l’enquête pâtie de sa relégation au second plan et de quelques invraisemblances, ce livre reste une très bonne découverte. Je n’hésiterai pas une seconde à lire à l’avenir un autre roman de Patricia Cornwell. Le plaisir de lecture était bien là. Que demander de plus ?

Ce qu’il y a de plus dur dans toutes les affaires sur lesquelles on a travaillé, c’est qu’y a jamais un seul truc à la fois, remarqua-t-il. Les flics essayent de relier entre eux tellement de détails merdiques que, quand on boucle l’affaire, on pourrait écrire la biographie de la victime. Et la moitié du temps, quand on trouve un lien, c’est pas celui qui compte vraiment. Comme le mec qui engueule sa femme, elle se tire, énervée, et elle se fait enlever, violer et tuer sur un parking de centre commercial. C’est pas parce qu’elle s’est engueulée avec son mari que c’est arrivé ; elle serait peut-être allée faire ses courses de toute façon. 

Ce roman est ma première incursion dans l’univers de Patricia Cornwell. Il s’agit du dixième tome de la série mettant en scène Kay Scarpetta. Si je pouvais craindre d’être un peu perdu au début, prenant la saga en cours de route, mes doutes ont très vite été dissipés. Toute la première partie de ce roman se concentre principalement sur la vie personnelle de la légiste, marquée par de douloureuses épreuves, mais aussi sur les menaces qui pèsent sur son travail, avec l’arrivée d’une directrice adjointe de la police qui l’a dans le collimateur. En revanche, si la place que prennent les soucis personnels de Scarpetta est particulièrement bienvenue pour qui la découvre pour la première fois, force est de constater que l’enquête principale devient, de fait, secondaire. Les investigations sur la mort de l’homme du conteneur, découvert au début du roman, pataugent. Certes, et c’est là le grand intérêt du livre puisque cela a largement contribué à la renommée de Patricia Cornwell, les éléments médico-légaux, et notamment les autopsies, sont largement documentés. Les détails sont là, dans toute leur froideur, leur horreur aussi parfois. Et ces séquences sont prenantes. Pour le reste, on devra véritablement attendre le dernier tiers du livre pour voir les grandes intrigues se rejoindre et livrer leurs secrets. De manière un peu bancale parfois. Par exemple, on ne relèvera pas la manière dont la sous-intrigue liée à la directrice adjointe se terminera (on dira seulement que le hasard fait parfois bien les choses). On retiendra en revanche que, malgré certaines invraisemblances ou facilités, le plaisir de lire ce livre était au rendez-vous. Sans connaître auparavant l’univers de Patricia Cornwell, j’ai eu l’agréable sensation de connaître depuis toujours les personnages qu’elle met en scène. Malgré sa froideur de scientifique, Scarpetta est un personnage attachant. Tout comme Marino, qui cache derrière sa vulgarité et ses emportements une grande humanité. Comme pour une série télévisée que l’on suit avec plaisir depuis ses débuts, on prend plaisir à suivre leurs développements. En ce sens, ce livre est réussi. Et me donne envie d’en découvrir d’autres.

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